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L'avis d'expert de Sébastien Wallet pour Promotelec

News and insights
#Artificial intelligence

Chaque mois, Promotelec donne la parole à ceux qui font les objets connectés afin de mieux comprendre comment ces solutions sont pensées pour améliorer notre quotidien. Sébastien Wallet, Directeur département IoT chez Artefact, une société spécialisée dans le traitement DATA et l’intelligence artificielle (IA) nous explique l’intérêt des objets connectés pour les professionnels.

 

En quoi consiste l’activité d’Artefact ?

Artefact a deux principales activités, d’un côté le marketing digital, d’un autre le conseil DATA et l’intelligence artificielle. Nous travaillons majoritairement pour des clients grands comptes afin de les accompagner dans le déploiement de solutions technologiques.

On assiste aujourd’hui à un recentrage de l’entreprise autour de la donnée, et le flux objets connectés est pour Artefact un flux comme un autre. Le phénomène de digitalisation assez globale des environnements physiques, dans les entreprises, aussi bien côté process métier que produits, passe désormais par les objets connectés.

Pour l’habitat, quand un foyer s’équipe d’un Google Home, même si l’usage est pour le moment plutôt récréatif, cela reste un nouveau canal que Google exploite, qui n’est ni un site web, ni un mobile et qui commence à alimenter des bases de données. C’est là que nous intervenons.

 

Artefact a récemment créé un département consacré exclusivement aux objets connectés, que vous pilotez. Quel est l’objectif de ce nouveau service?

Nous proposons aux entreprises de les accompagner dans leurs choix autour de l’IoT (Internet des objets) : que dois-je connecter ? Y-a-t-il un intérêt pour mon entreprise ou mes clients ? Quelle évolution espérer en termes de business model ? À combien puis-je estimer le retour sur investissement d’un développement de produits ? Autant de questions que se pose une entreprise qui envisage de se lancer dans l’aventure connectée et auxquelles nous apportons des réponses.

 

Quelle valeur ajoutée l’IoT apporte aux entreprises ?

L’objet seul n’apporte aucune valeur. Il sert à récolter de l’information concernant ce qui se passe au niveau de la machine, et à la transmettre. Pour être intéressante, la donnée doit être recroisée avec d’autres données existantes.

Beaucoup d’expérimentations IoT se soldent aujourd’hui par un échec car les entreprises pensent qu’il suffit de capter des données sans vraiment savoir comment les exploiter. Les poches de valeurs se génèrent seulement une fois que ces données recueillies sont croisées avec d’autres.

 

Le développement de l’IA et des objets connectés pose la question de la sécurité des données. Comment abordez-vous cet aspect sécuritaire dans votre activité ?

Sur ce terrain, force est de constater qu’il y a de tout. À l’échelle grand public, vous avez beaucoup d’objets connectés fabriqués par des usines en Chine, qui ne requièrent généralement pas de code de sécurité, ou alors un mot de passe ultra simple, des faiblesses qui rendent ces objets vulnérables face aux hackers.

Côté entreprises, ces questions sont mieux encadrées. Rares sont les technologies qui se déploient sans qu’une attention particulière soit portée au volet sécurité.

Mais la sécurité se joue à plusieurs niveaux, que ce soit dans l’objet, dans la communication de l’objet vers l’extérieur, dans la partie serveur, ainsi que tous les services tiers qui vont se brancher dessus. Lorsqu’on est face à des incidents, on pense facilement que l’objet est une faille mais le problème vient souvent d’ailleurs.

 

L’avènement de la maison intelligente a longtemps été annoncé, sans que l’engouement attendu ne se concrétise réellement. On parle beaucoup d’objets connectés mais au final, les Français  s’équipent peu. Selon vous, quels sont les éléments qui vont permettre de démocratiser le smarthome ?

Plusieurs paramètres rentrent en compte. Il y a d’abord le coût. Il faut que les objets connectés soient abordables pour le plus grand nombre. Ensuite, le côté intuitif de l’usage. Pour séduire, l’objet doit être facile d’installation et d’utilisation. La maison intelligente ne doit pas rendre les choses plus compliquées.

Pour le moment, les solutions disponibles sur le marché, comme les prises électriques connectées, ou les thermostats, restent très techniques, et seul quelqu’un d’un peu « geek » peut les faire fonctionner. Si votre grand-mère en est incapable, il faut considérer que ce n’est pas adapté.

Le jour où tous les systèmes seront interconnectés, du réfrigérateur au four, en passant par la voiture, le smartphone, ou encore le radio-réveil, les consommateurs seront rassurés et commenceront à y voir un plus grand intérêt.

 

Quelles sont les prochaines tendances qui s’apprêtent à émerger sur le secteur du smarthome ?

Il y a un vrai sujet d’amélioration de la reconnaissance vocale. Le concept n’est pas encore assez perfectionné, et présente certains ratés. Il faut encore quelques années selon moi pour que ce soit pleinement opérationnel.

Ce qui va être intéressant également, c’est le croisement des systèmes. J’insiste sur le fait que ce qui freine aujourd’hui le développement du marché, c’est le manque d’interopérabilité entre les objets.

Chaque fabricant développe ses propres produits pour chercher à prendre le « lead » dans son secteur en imposant sa solution, comme le fait Apple par exemple. Sauf que cette stratégie ne réussit pas à tout le monde. On se retrouve avec pleins de solutions qui ne communiquent pas forcément les unes avec les autres, bridant malheureusement leur déploiement.

Article initialement publié sur le site de Promotelec